Born in Belgium Pro

Témoignage de l'UZA

Il y a près de deux ans, l'UZA a commencé à dépister les vulnérabilités psychosociales des femmes enceintes à l'aide de l'outil Born in Belgium Pro. La gynécologue Lisbeth Jochems nous donne son avis à ce sujet.

Qu'est-ce qui vous a attiré dans le projet Born in Belgium ?

Dr Jochems : « Le fait qu'il s'agisse d'une collaboration intra et extra hospitalière. Nous avions déjà un projet pour les femmes enceintes, en particulier un protocole sur l'alcool et les drogues, mais nous voulions un outil plus large qui permette de dépister des vulnérabilités multiples. C'est ainsi que nous avons abouti à l'outil de Born in Belgium. »

Comment se déroule le dépistage à l'hôpital ?

Lors de la consultation chez le gynécologue, une explication est donnée sur le projet Born in Belgium. Une brochure peut également être remise (dans la langue de leur choix) afin que les patientes soient bien informées sur le projet et ce qu'il implique pour elles. Toutes les femmes enceintes reçoivent un rendez-vous pour une consultation chez une sage-femme, entre le début de la grossesse et la 16e semaine. Le questionnaire de vulnérabilité psychosociale est systématiquement proposé à toutes les femmes enceintes. Lorsque nous l'expliquons de cette manière, il n'y a généralement pas de résistance à faire passer le questionnaire. Les patientes chez qui des vulnérabilités apparaissent sont orientées vers l'équipe Born in Belgium de l'hôpital. Celle-ci comprend la sage-femme en chef, son adjointe, deux sages-femmes de la consultation et l'assistante sociale. Lors d'une concertation pluridisciplinaire, un plan est établi pour la patiente ou sa famille. Ensuite, la femme est contactée afin de lui présenter ce plan et lui demander si elle est d'accord ou si elle souhaite soumettre de modifications. Toutes les femmes présentant des vulnérabilités sont ensuite revues à 24 semaines afin d'évaluer la situation et d'apporter une aide supplémentaire ou de l’orienter vers d'autres services si nécessaire. Par exemple : une sage-femme a-t-elle déjà été identifiée pour le post-partum ? Les papiers de la femme ont-ils été mis en ordre entre-temps ?

Vous pratiquez également le dépistage de manière systématique dans votre pratique privée ?

Oui, en effet. Au début, je craignais que le questionnaire prenne beaucoup de temps mais ce n’est pas trop long, d'autant plus que vous avez souvent déjà une certaine relation de confiance avec vos patients. S'il n'y a pas de vulnérabilités, le questionnaire ne prend pas plus de dix minutes, s'il y en a, c'est un peu plus long. Cependant, vous pouvez aussi combiner certaines choses, par exemple la prise de la tension artérielle et une brève introduction Born in Belgium. L'outil est tout à fait utile dans ma pratique privée. Supposons que, lors d'une consultation à 18h, le dépistage montre que la femme enceinte a besoin d'aide, je ne peux plus contacter le service social de l'hôpital parce qu'il est déjà fermé. Grâce à l'outil, je peux encore aider un peu la femme en l'orientant, par exemple, vers des banques alimentaires ou des épiceries sociales, ou en l'aidant à remplir les documents nécessaires. Si une aide d'urgence est nécessaire pour des problèmes de santé mentale, l'outil me permet également de voir immédiatement à qui je peux m'adresser dans le quartier. Je peux appeler immédiatement pour voir si un rendez-vous urgent est possible.

Comment se passe le référencement à l'hôpital ?

Si certaines vulnérabilités sont mises en évidence, des référencements en interne sont généralement réalisés vers les services sociaux ou le psychologue de l'équipe périnatale. Nous conseillons à toutes les femmes d'avoir un contact avec une sage-femme dès le début de leur grossesse. Pour les femmes vulnérables, nous commençons plus tôt et nous recommandons également de multiplier les rendez-vous. Nous leur donnons les coordonnées des sages-femmes de leur région au cours du premier trimestre.

Ce qui est utile dans l'outil, c'est que l'on peut se référer à des prestataires de soins proches du lieu de résidence actuel de la femme. Il serait cependant utile que toutes les sages-femmes indépendantes, les psychologues de première ligne et les médecins généralistes soient partenaires de Born in Belgium, afin que nous puissions échanger des informations et gagner du temps. Actuellement, le suivi est généralement inscrit dans le dossier de la mère, mais si ce n'est pas le cas, il arrive que l'on ne sache pas quelle aide a été proposée et quel suivi a été effectué. Pour cela, l'outil Born in Belgium Professionals est très utile.

Comment les vulnérabilités sont-elles suivies à l'hôpital ?

A 24 semaines de grossesse, toutes les femmes vulnérables reviennent pour une consultation prénatale avec la sage-femme. Une fois par mois, les dossiers des femmes enceintes vulnérables sont abordés lors d'une consultation multidisciplinaire. Je pense que nous avons déjà pu aider de cette manière un grand nombre de femmes présentant toutes sortes de vulnérabilités. En proposant le questionnaire dès le début de la grossesse, nous disposons de plus de temps pour le suivi. La prévention est utile pour éviter les situations aiguës. Il faut penser à trouver une solution de logement ou un soutien social plus important si la famille vit loin, mais également s'assurer que les autres enfants de la famille sont pris en charge au moment de l’accouchement.

Comment évaluez-vous l'outil Born in Belgium ?

Nous avons eu une évaluation au sujet de Born in Belgium Professionals cette semaine. Cette évaluation a montré que l'outil était utile pour notre hôpital et que nous voulions absolument continuer à l'utiliser. Nous en voyons la valeur ajoutée.